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Le Blog du Lions Club de Montaigu

"Coût du travail : l’écart entre la France et l’Allemagne va se réduire "

4 Novembre 2014 , Rédigé par M.C. Publié dans #Lu pour vous

Guillaume de Galignon "Les Echos" le 04/11

La France va regagner du terrain grâce au pacte de responsabilité. Les économies française et allemande vont-elles converger de nouveau ?

Sur le plan du coût du travail, c’est en tout cas ce que pense la Commission européenne dans ses dernières prévisions. Elle table sur une hausse du salaire par tête (charges sociales comprises) de 0,9 % en 2015 (après 1,4 % en 2014) dans l’Hexagone puis de 1 % l’année suivante, alors que celle-ci était encore supérieure à 2 % jusqu’en 2012.
En tenant compte de l’inflation, alors le salaire réel de chaque travailleur français va même reculer selon les économistes de Bruxelles. Il baisserait de 0,1 % en 2015 puis de 0,3 % en 2016. Ces chiffres tiennent compte des baisses de charges mises en place par le gouvernement via le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice), dont la création a été annoncée il y a deux ans jour pour jour, et le pacte de responsabilité.

Dans le même temps, les salaires allemands sont appelés à progresser plus vite , sans que les charges diminuent.

Le salaire par tête grimperait de 2,8 % cette année (deux fois plus vite qu’en France), de 3,3 % l’an prochain et de 3 % en 2016. D’une part, la croissance de l’Allemagne reste supérieure à celle de la France.
D’autre part, les salariés allemands se sont serré la ceinture depuis les réformes du marché du travail engagées par Gerhard Schröder. « Les prévisions de la Commission sont peut-être un peu optimistes, mais la tendance de fond est là : le marché du travail est dynamique en Allemagne alors qu’il reste déprimé en France.
Il est donc logique que les salaires évoluent différemment, explique Jean-Baptiste Pethe, économiste chez Exane BNP Paribas. Mais la modération salariale sera graduelle en France car les salaires ont tendance à être rigides. » La Commission en tient néanmoins déjà compte dans ses prévisions, en tablant sur une hausse toujours importante des salaires dans le secteur privé en France. Ce sont les baisses de charges et la modération salariale du secteur public qui expliquent la faible hausse des rémunérations brutes.

La France en concurrence

Mais si la France va regagner de la compétitivité face à l’Allemagne, elle devra aussi faire face à l’Italie et, surtout, à l’Espagne, qui ont baissé le coût du travail ces dernières années. Et, dans ces deux pays, les hausses de salaire par tête seront similaires à celles de l’Hexagone d’ici à 2016 (autour de 1 % par an). C’est pourquoi la France, en concurrence souvent à l’exportation avec ces deux pays, aura du mal à réduire son déficit commercial.
Ainsi, Bruxelles prévoit que l’Hexagone va de nouveau perdre des parts de marché en 2015 et 2016. « Il n’y a pas d’inversion de tendance », estime Denis Ferrand, directeur général de COE-Rexecode. « L’économie française parvient à peine à endiguer les pertes de parts de marché avec le Cice et le pacte de responsabilité. L’ajustement de la compétitivité française est un processus long. C’est un supertanker qu’il faut manœuvrer », conclut-il.
"Coût du travail : l’écart entre la France et l’Allemagne va se réduire "

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