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Le Blog du Lions Club de Montaigu

« Fin de vie. Quelle société voulons-nous ? » Jacques Mothais

29 Octobre 2012 , Rédigé par M.C. Publié dans #Le Club de Montaigu

Jacques MothaisLa « loi Léonetti » adoptée en 2005. A l’époque tout le monde ou presque la considérait comme une loi d’équilibre.

Est-elle devenue une loi si imparfaite sept ans après, qu’il faille la changer ?

Il n’y a pas beaucoup de lois parfaites et la loi Léonetti n’échappe pas à la règle.

Trois points sont à souligner. D’abord elle pose comme principe général, que les médecins ont le devoir de s’abstenir de toute obstination déraisonnable, autrement dit d’éviter tout acharnement thérapeutique.

Que le médecin ne peut agir sans le consentement du malade et que celui-ci peut refuser tout traitement, toute action sur son corps, y compris les soins indispensables pour le maintien en vie.

Enfin la loi permet d’employer des antidouleurs , antalgiques ou sédatifs, même ceux qui à défaut d’autres traitements, présenteraient le risque d’abroger la vie du patient, la priorité est alors donnée au soulagement de la souffrance.

De plus, cette loi repose sur l’échange de paroles entre le patient, ses proches, le médecin et l’équipe soignante.

Cette loi ne règle pas tous les cas et certains plaident pour ouvrir le champ à une exception d’euthanasie.

Dans ce débat on parle beaucoup de dignité. Pour les partisans de l’euthanasie, une vie diminuée par la maladie, le handicap ou la souffrance ne vaudrait plus d’être vécue.

Que répondre ? Remarquons d’abord que ce sont des gens bien portants qui disent cela, et demandons-nous : quel effet cela peut-il avoir sur des personnes en situation de fragilité ?

On le sait, une personne âgée qui se sent une charge pour autrui, qui pense que son entourage ne l’aime plus, peut se laisser glisser dans la mort plus ou moins consciemment.

Allons-nous l’encourager à en finir ? Si quelqu’un doute du sens de la vie, allons-nous lui dire : Tu as raison ta vie n’a plus de sens ! Ou allons-nous essayer de lui redonner goût à la vie ?

C’est toute la question de la solidarité humaine qui est posée.

La ministre des Affaires sociales et de la Santé, Michèle Delaunay, a lancé le 10 septembre 2012 un plan de prévention du suicide des personnes âgées dont le nombre explose, rappelant à chaque français qu’il est comptable de ces drames. D’un côté nous serions responsables de la vie des personnes âgées et de l’autre, nous dirions aux malades : si vous voulez nous pouvons provoquer votre mort !.

Une personne peut-être défigurée par un cancer, elle peut avoir perdu ses facultés, j’espère qu’en France nous continuerons d’affirmer sa dignité et l’obligation qui s’impose de la respecter comme une personne humaine. Selon la législation Française, le principe de la dignité de toute personne est fondamental, c’est d’ailleurs au cœur de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Certains estiment qu’il en va de leur liberté et parlent d’un droit à mourir. Au nom de quoi en faire un droit ?

Lors de la révision des lois bioéthiques, le conseil d’état a rappelé qu’il était légitime de poser des limites à la liberté individuelle, au nom des intérêts fondamentaux de la société.

Il faut choisir ! L’autorisation par la loi de l’euthanasie aurait un impact sur le tissu social, elle transgresse un interdit fondateur et affecte la base de la démocratie en délimitant une classe de citoyens à qui on pourrait donner la mort avec l’aval de la société, elle augmente la vulnérabilité d’une partie notable de la population, alors que bien soignés et accompagnés, le plus grand nombre de ces malades ne réitèrent pas leur demande de mort.

Pour les partisans de la légalisation de l’euthanasie, pouvoir choisir le moment de sa mort serait l’expression ultime de la liberté individuelle, le dernier droit à conquérir.

Le Père Patrick Versperen (Jésuite, membre du département d’éthique biomédicale du centre Sèvre), y oppose le droit inaliénable de chacun à être respecté dans sa dignité et le devoir de solidarité qui fonde notre société : celui d’accompagner jusqu’au bout par un soin raisonnable et humain, les personnes en fin de vie.

 

Ce texte est paru dans notre dernière “Lettre mensuelle” dans laquelle est publié chaque mois “l’Edito” ou le “Point de vue” d’un Lion. Il n’engage pas le club et n’est que l’expression de celui qui l’écrit.

Pour consulter la Lettre du mois cliquez sur le lien "PDF" ci-après :

  Lettre Lions novembre 2012  

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