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Le Blog du Lions Club de Montaigu

Tu seras végétarien mon fils

15 Avril 2008 , Rédigé par M.C. Publié dans #Le Club de Montaigu

Nombreux sont ceux parmi nous qui connaissent « la prophétie », écrite dans les années 80, véritable ode à l’artisanat, au titre évocateur « Tu seras plombier, mon fils », œuvre d’un « artisan » montacutain, visionnaire, aujourd’hui retraité méritant. Les faits lui donnent chaque jour raison. 
Dans un autre registre, ne peut-on pas écrire aujourd’hui : « Tu seras végétarien, mon fils » ?
Cela pourrait donner ceci :
« Nous sommes en l’an 2020, cela fait quelques années que les éleveurs français ont baissé les bras progressivement et que la viande est devenue rare et particulièrement chère.
On ne mange plus la gigolette de lapin ou l’entrecôte de bœuf qu’au réveillon ou lors de très grandes occasions. La vie est devenue bien triste. Et puis les Français ne veulent plus de ces viandes importées produites à partir de nourriture OGM et sujettes à des crises sanitaires  à répétition.
Alors ils deviennent végétariens, mangent surtout des céréales parce qu’elles sont redevenues bon marché, depuis que les animaux qui les consommaient autrefois se sont raréfiés. »
Ceci est l’œuvre contemporaine d’un autre « visionnaire », simple directeur d’une coopérative agricole inquiète quant à son avenir. Et s’il voyait vrai ?...
Nombreux sont, en effet, les indices qui peuvent contribuer à la réalisation de ce sinistre scénario. Citons pêle-mêle :
En moins de 20 ans, nous allons passer de six à huit milliards d’habitants à nourrir.  
Même s’il stagne ou régresse en France, le pouvoir d’achat des pays émergents devient galopant, d’où la tension sur le marché des matières premières.
La disponibilité en terres arables a décru de 0,50ha/tête en 1950 à 0,23ha en 2001. Combien à l’horizon 2020 ? et 2050 ?
Où trouver l’eau nécessaire pour augmenter une production tiraillée entre la satisfaction des besoins alimentaires  et énergétiques ?
La défense de l’environnement devient une préoccupation majeure. KYOTO puis GRENELLE : on n’en finit pas de tirer la sonnette d’alarme !
On pourrait ainsi allonger une liste de préoccupations que chacun regarde avec circonspection. 
Pour finir de faire peur, M. LEVESQUE, éminent conseil pour l’aménagement foncier et rural, spécialiste des questions foncières, prédit qu’il y aura « un conflit entre la lutte contre l’effet de serre et la satisfaction des besoins alimentaires ».
En effet, à ce premier défi de nourrir la planète, s’ajoute la lutte urgentissime contre le réchauffement climatique : « Manger ou conduire », autre défi à relever !!!
Les agriculteurs peuvent donc se retrousser les manches.
Mais aura-t-on encore la volonté politique et surtout les moyens économiques de les accompagner pour faire face à tous ces challenges ?
Le propos n’est pas de nier la question environnementale ni les impacts collatéraux que fait peser l’acte de production sur le milieu, mais plutôt de savoir comment tirer vers le haut notre agriculture pour concilier une nécessité productive impérative avec une contrainte environnementale forte ?
Autrement dit, il s’agit d’exploiter tous les ressorts de l’écosystème, sans provoquer son déraillement.
Manifestement, il y a du pain sur la planche pour nos chercheurs qui n’ont pas anticipé ce virage d’une « agriculture écologiquement intensive et durable ». Mais ce qui est stimulant c’est que le savoir-faire et le sens de l’observation du « PAYSAN » seront au centre de cette nouvelle approche.
Quelque part, et en d’autres termes, il s’agit simplement de remettre l’Eglise au centre du bourg !...
Il fallait bien que cela arrive pour redonner un peu de noblesse à un métier tant décrié.

Joseph PICHODO  
Eleveur et membre du Lions Club de Montaigu
Article paru dans "La Lettre" du Club


 


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Marcel CACAUD 24/04/2008 08:26

Remarquable article, encore une fois bravo Jo !