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Le Blog du Lions Club de Montaigu

L’Edito de Jean Marquet

1 Février 2010 , Rédigé par M.C. Publié dans #Le Club de Montaigu

Jean Marquet « Voici l’heure de nous en aller, moi pour mourir, vous pour vivre. Qui de nous à le meilleur destin ? Nul ne le sait, excepté Dieu. » (Platon, Phédon)

La prise de conscience de la mort, de la disparition d’autrui, de ce que représente la perte d’une voix chère, puis la pensée de sa propre disparition, voilà ce à quoi nous interpelle le départ de nos amis.

Pourquoi la pensée et pas la connaissance ?

Si connaître c’est déterminer une intuition sensible par un concept et s’il n’a pas d’intuition sensible de sa mort puisque, avec elle, la sensibilité disparaît, alors, on ne peut connaître ce que cela est la mort, on ne peut que la penser.

Avec la pensée apparaît la finitude de l’existence : « l’être de l’existant est un être pour la fin » (Heidegger) ; nos savons tous que nous allons mourir même si ne nous savons pas ce qu’est la mort.

Une large part de la culture et singulièrement de la culture religieuse a un rapport avec la conscience de notre fin.

« Mais il nous reste l’espoir de venir à la lumière de telle manière que c’est visible par une conscience qui reste toujours présence à soi, certitude de soi, épreuve de soi au point qu’elle ne peut ni se perdre ni renoncer à elle-même tant qu’elle vit. Le soi est ce qui ne peut échapper à soi » (Michel Henry – philosophe -1922/2002)

On comprend que la menace sur le Soi exercer par la mort horrifie l’homme, creuse en lui un manque, un besoin de ce qui pourrait lui permettre d’échapper à son angoisse.

La conscience de la mort fait , en effet, planer le doute sur ce qu’il a de plus certain et ce qui semble le plus fondé : « je suis, j’existe »

La lumière est ce qui nous rattache à l’au-delà, l’homme ne saurait se débarrasser de ce besoin religieux.

Le besoin de se relier à un être transcendant, immortel et bienheureux, non pas comme le dieu grec qui aveugle et sourd aux prières des hommes mais comme un dieu qui aurait vaincu la mort, qui assurerait l’immortalité personnelle de l’âme, comme pur esprit ou de manière plus cohérente, avec un corps glorieux.

Ainsi, il nous reste l’espérance.

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