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Le Blog du Lions Club de Montaigu

lu pour vous

Comment la France à saboté son école

19 Octobre 2016 , Rédigé par Gaspard Koenig Publié dans #Lu pour vous

Point de vue
Gaspard Koenig / philosophe et président du Think Tank Generation Libre Le 04/10/2016
En imposant le sacrifice d’une éducation fondée sur la mémorisation des contenus au profit de la «différenciation pédagogique», les intellectuels progressistes ont tué l’école française.
Et accentué le fossé social qu’ils voulaient combler.
A 88 ans, E.D. Hirsch poursuit le combat de sa vie : réhabiliter l'éducation traditionnelle, fondée sur la mémorisation et l'apprentissage du contenu (content-based).
Dans un livre tout juste paru, Why Knowledge Matters (Harvard Education Press), le célèbre professeur américain de sciences de l'éducation rappelle les mérites de « l'alphabétisation culturelle », seule à même de produire une société unie, et surtout de donner sa chance à chacun.
E.D. Hirsch dénonce l'illusion progressiste consistant à enseigner des « compétences » (skill-based) : capacité argumentative, qualités sociales, esprit critique, faculté d'analyse, créativité individuelle, etc.
En s'appuyant sur les sciences cognitives et sur la linguistique, il démontre que de telles compétences sont intrinsèquement liées à l'information mémorisée.
Pour produire des individus autonomes et modernes, il faudrait donc, de manière contre-intuitive, rétablir un curriculum strict et classique.
Un pays démontre de manière exemplaire et documentée l'échec des méthodes progressistes : la France.
E.D. Hirsch consacre un chapitre entier aux réformes de l'éducation dans notre pays, éloquemment intitulé « la débâcle française ».
Le constat est douloureux : avec l'entrée en vigueur de la loi Jospin en 1989, qui met en place avec les meilleures intentions du monde la « différenciation pédagogique » (l'idée d'adapter l'enseignement à la diversité des élèves),
La France a sacrifié une éducation réputée et un ascenseur social relativement efficace pour devenir en moins de trente ans le pays le plus inégalitaire de l'OCDE, selon le récent rapport du Cnesco.
En bon chercheur, E.D. Hirsch cite ses sources, et félicite au passage l'administration française d'avoir tenu un compte si méthodique de ses propres erreurs.
On peut voir ainsi comment, de 1987 à 2007, toutes les mesures d'évaluation à l'entrée au collège montrent un fort déclin du niveau moyen, plus marqué encore s'agissant des ouvriers et des chômeurs.
Le psychodrame récurrent du classement PISA, dont la prochaine édition est attendue en 2017, a le mérite de montrer de manière assez irréfutable l'étendue de la « débâcle ».
E.D. Hirsch retrace les origines de ce changement de paradigme. Il insiste sur l'oeuvre dévastatrice de Pierre Bourdieu, en contestant la méthodologie de son opus majeur : « Les héritiers » (« ahurissant de superficialité »), et en critiquant les conclusions du rapport Bourdieu-Gros qui inspira les réformes radicales du gouvernement Rocard.
« L'école nouvelle » dont Bourdieu s'était fait le chantre a ainsi importé le pire de la conception... américaine : naturalisme de l'apprentissage (d'où la méthode de lecture globale par exemple), refus d'une transmission culturelle jugée trop homogène, victoire de la « logique » formelle sur « l'encyclopédisme » des connaissances réelles, le tout emballé dans un verbiage conceptuel que E.D. Hirsch baptise « individualisme providentiel » - soit l'idée, rousseauiste au fond, que le développement individuel devrait s'opérer de manière spontanée, sous le regard bienveillant d'un maître devenu simple guide.
Là comme ailleurs, la France ensorcelée par ses intellectuels a saboté son legs révolutionnaire : le système scolaire hérité de Condorcet n'avait-il pas permis à Bourdieu, fils de paysans béarnais, d'intégrer les meilleures écoles du pays ?
Pour penser librement, il faut partager un terreau culturel que E.D. Hirsch appelle, dans un autre livre.
Les lanceurs d'alerte sont légion. E.D. Hirsch les cite avec l'admiration qu'on réserve aux vrais rebelles, du mathématicien de renommée mondiale Laurent Lafforgue au jeune philosophe François-Xavier Bellamy.
« socle de connaissances » est encore trop timide.   Il est temps de les prendre au sérieux. La contre-réforme autour du
Promouvoir une forme d'éducation conservatrice n'est pas un projet réactionnaire.
E.D. Hirsch, qui s'est toujours revendiqué de la gauche démocrate, n'a pas de mots assez durs contre les progressistes qui, en rejetant la culture hors de l'école, ont laissé la reproduction sociale atteindre des niveaux insoutenables. Ce n'est pas non plus un projet autoritaire.
Le libéralisme commence à 18 ans. Avant, il n'est que licence.
Pour pouvoir briser le statu quo, il faut avoir assimilé la tradition.
Pour penser librement, il faut partager un terreau culturel que E.D. Hirsch appelle, dans un autre livre, « l'oxygène des relations sociales ». De l'air !
 
*Cet article que certains qualifierait d’orienté….  Et il l’est c’est évident, comment ne pas voir que notre enseignement est complètement inefficace et que seuls s’en sortent les élèves les plus doués et bénéficiant d’un environnement familial stable et lui-même bien formé !
Beaucoup d’autres, savent à peine lire, écrire et compter correctement !
Ils n’ont donc pas les outils de base nécessaires pour bénéficier pleinement de formations leur permettant de s’insérer dans le monde du travail.
Pourtant nous sommes entrés, depuis de nombreuses années dans un monde de transformations technologiques extrêmement rapides qui nécessitent une bonne formation professionnelle et pour l’acquérir il faut avoir une bonne base élémentaire et secondaire autour de 18 ans 
Ce retard est là, est-il rattrapable ? Il est permis de se poser la question !
M.C.
 
Le Choix des articles de "Lu pour vous" est de ma responsabilité, il n'engage que moi et non l'ensemble de notre Club.  M.C.

 

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Avenir du salariat un enjeu pour la présidentielle à venir

10 Juin 2016 , Rédigé par Laurent Bigorgne Publié dans #Lu pour vous

Tribune de Laurent Bigorgne, directeur de l’Institut Montaigne, parue dans
 Le Figaro le 8 juin 2016.
 
Beaucoup a été dit sur la fin du salariat… S'agissant des évolutions du marché du travail, le psychodrame dans lequel nous versons depuis quelques semaines montre que de nombreux dirigeants politiques et syndicaux de notre pays préfèrent le déni de réalité plutôt que d'affronter lucidement et courageusement les bouleversements qui transforment notre économie.
En effet, en permettant un rapprochement inédit de l'offre et de la demande, ainsi que le découpage en microtâches de nombreuses activités, le numérique vient bouleverser l'organisation économique traditionnelle de nos sociétés. Pilier de celle-ci depuis le XIXe siècle, le salariat n'est pas épargné. Allons-nous cependant parvenir à échapper au débat caricatural sur cette malédiction supplémentaire du capitalisme?
 
Dans son ouvrage récent, Économie du bien commun, Jean Tirole, Prix Nobel, consacre un chapitre aux défis sociétaux de l'économie numérique. Il y est avancé que le salariat ne disparaîtra pas, mais que parallèlement à lui se développera le travail indépendant. Pour de nombreux actifs salariés, la voie de l'autoentrepreneuriat est vécue comme un indispensable complément de revenu, la préparation d'une transition professionnelle ou tout simplement un espace de liberté.
 
Pour certains, notamment les moins qualifiés, particulièrement les jeunes, qui sont les plus touchés par le chômage et par certaines discriminations, c'est d'abord et avant tout le moyen de gagner sa vie, car personne n'avait accepté jusque-là de leur donner leur chance. Il leur est devenu beaucoup plus facile de trouver "des clients plutôt qu'un employeur".
Rappelons que si le chômage touche 9 % de la population active en moyenne depuis trente ans, c'est parce que l'État et les partenaires sociaux n'ont pas su accomplir les réformes nécessaires du marché du travail. Si des formules alternatives au salariat existent pour échapper à cette fatalité, il est d'autant plus important de les expérimenter que l'autoentrepreneuriat peut devenir un sas d'insertion sur le marché du travail.
 
Nous devrions nous réjouir de ce que depuis le début des années 2000 le rythme des créations d'entreprises a doublé en France.
Ce phénomène concerne particulièrement les entreprises sans employé. Au double motif que ce mouvement créerait de la précarité et profite à des plateformes numériques, certains voudraient à tout prix le freiner, voire l'empêcher. Il faut pourtant écouter ceux qui en bénéficient et qui l'alimentent.
Un sondage réalisé en 2013 pour l'Institut Montaigne montrait que quatre étudiants d'une grande école sur dix pourraient se laisser séduire par la création d'entreprise une fois leur diplôme obtenu. Plus récemment, un autre sondage montrait que 37 % des Français manifestent l'envie de créer une entreprise ou de se mettre à leur compte. Ce taux monte à 55 % chez les jeunes et à 49 % chez les ouvriers.
 
Au même moment, une enquête du ministère du Travail révélait que 3 % des moins de 30 ans étaient syndiqués (Dares, mai 2016)… Ceux qui souhaiteraient empêcher ces évolutions et le principe de la négociation d'entreprise sont les mêmes.
Malthusiens dans le champ économique, ils souhaiteraient pouvoir figer une bonne fois pour toutes le champ social… sans se soucier des chômeurs et des jeunes les moins qualifiés qui créent ainsi leur activité, des étudiants qui veulent devenir autoentrepreneurs pour financer leurs études, des fonctionnaires à qui on veut interdire l'accès au statut d'autoentrepreneur, des retraités qui ont besoin d'un complément de revenus !
 
D'abord, le rôle de l'État ne peut se limiter à céder à certaines organisations syndicales qui refusent ces évolutions. Ni se condamner à mal arbitrer le conflit entre professions réglementées et à statut, d'une part, et nouveaux entrants, d'autre part.
Seule une réforme ambitieuse et soutenable de nos systèmes sociaux permettra qu'émergent la formation professionnelle et la protection sociale adaptées à ces évolutions. Elles ne pourront pas prendre appui sur la situation actuelle.
Ensuite, la France doit peser sur la scène européenne afin qu'émerge une doctrine fiscale et sociale commune vis-à-vis des plateformes numériques qui voudraient s'affranchir de nos règles en la matière. Ceux qui nous réclament moins d'Europe en permanence devraient prendre la mesure de leur responsabilité dans l'affaissement économique à venir de notre pays.
 
Enfin, l'État doit faciliter ces évolutions, sans quoi la France risque de ne pas retirer grand-chose des opportunités offertes par la révolution numérique. Ne nous y trompons pas, c'est un des débats majeurs de l'élection présidentielle à venir.
La puissance publique doit s'attacher à rendre le cumul emploi-autoentrepreneuriat attractif et simple, car ce dernier est beaucoup plus efficace et surtout moins onéreux que les emplois aidés. Interdire cette voie aux fonctionnaires est un contresens terrible, parce que c'est une piste intéressante pour certains territoires - ruraux notamment - et plus globalement pour l'évolution de l'action publique.

Avec l’aimable autorisation du Figaro

 
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Le rêve que tout s'effondre de Roger-Pol Droit

6 Mai 2016 , Rédigé par M.C. Publié dans #Lu pour vous

Le 06/05 à 07:00

Enfin, tout voir disparaître ! Vite, que le monde s'évanouisse, que la société s'effondre, que tout s'efface ! Crainte affichée ou désir secret, ce rêve fut longtemps religieux : toutes sortes de fins du monde peuplent les imaginaires culturels, de l'Inde ancienne aux Amérindiens, de Zoroastre aux apocalypses chrétiennes et musulmanes. Ces attentes eschatologiques demeurent vivaces ici ou là. Daech et d'autres réactivent aujourd'hui les millénarismes. Mais ils connaissent également des formes inédites, des métamorphoses parfois mal repérées. Ainsi l'écologie est-elle travaillée d'images récurrentes d'effondrement général, de « collapse » universel, d'extinction prochaine de l'humanité. Et des versions politiques de l'ultime catastrophe resurgissent ces derniers temps, si l'on ose dire… On nous répète en effet ardemment : « Le système va s'effondrer, le capitalisme vit ses derniers jours… » Le vieux mythe de la grève générale ressort même des placards : tout va s'arrêter, enfin !

Ces fantasmagories sont évidemment risibles. Chez les millénaristes, des kyrielles de fins du monde - annoncées, datées, prophétisées en détail - sont déjà passées et périmées depuis longtemps, sans que personne ait constaté le plus petit début de réalisation. Dans le domaine écologique, quantité de prévisions catastrophistes ont fait long feu, du Club de Rome à nos jours. De fait, nous ne sommes pas allés dans ces murs innombrables qu'on nous annonçait inévitables. Chez les anarcho-syndicalistes et autres fabulistes du Grand Soir - de Briand à Sorel et de Rosa Luxemburg aux actuels prédicateurs -, la grève générale n'a jamais eu qu'une réalité de papier. Le dernier détraquement, le grand séisme économique et social où tout s'arrête, n'est qu'une plaisanterie. Mauvaise, cela va de soi.

Car ces délires risibles sont malgré tout nuisibles. Pas tellement par leurs effets pratiques, qui sont à peu près négligeables. Plutôt à cause des dommages qu'ils occasionnent à l'imaginaire lui-même. Parce qu'ils bloquent toute possibilité de penser le monde dans sa continuité, l'histoire dans sa durée. Parce qu'ils interdisent endurance et volonté de longue durée en leur substituant une épreuve unique, radicale, rédemptrice - déluge, feu de l'enfer, révolution… -, détruisant tout pour tout rénover. La vertu de cet effondrement serait de rendre possible le monde d'après, qu'il se nomme paradis, Jérusalem céleste, communisme, planète durable. Mais l'action immédiate est toujours la violente dévastation du monde présent. Du chaos rêvé, on passe sans peine au saccage perpétré. Car, sous la peur de voir se défaire le monde se tient, en fait, l'envie rageuse de le désorganiser soi-même.

Qu'on ne se méprenne pas. Il ne s'agit nullement, en critiquant ces mythes, de prôner la résignation. Pas question de soutenir, comme Descartes, que mieux vaut « changer ses désirs que l'ordre du monde ». Il serait vain de croire que ce qui existe vaut d'être conservé seulement parce qu'il existe, au prix de perpétuer l'injustice par crainte de déranger l'ordre en place. Il serait illusoire aussi de croire le capitalisme éternel, et immuables nos modes de vie actuels. Ils disparaîtront sans doute un jour, comme se sont évanouis, déjà, quantité de civilisations, de systèmes sociaux, de structures économiques. Malgré tout, ni le monde ni l'humanité ne finiront pour autant. Pas plus que l'histoire, le temps et la nature.

Ce qu'il faut écarter, c'est l'idée même de catastrophe ultime. Peu importe qu'elle soit régénératrice ou annihilante. Ce ne sont là, en effet, que deux variantes d'une même représentation faussée, imaginant un paroxysme, une crise définitive, une destruction radicale. D'où vient-elle ? Sans doute de la difficulté de supporter que le monde soit infini, et l'histoire aussi.

Pourtant, infini ne veut pas dire immuable. Il convient de parvenir à concevoir un monde sans fin mais en perpétuelle évolution. Héraclite, chez les Anciens, a pensé ce changement perpétuel, conjuguant l'éternité du monde et le devenir incessant. Nietzsche, deux grands millénaires plus tard, a repris et développé cette intuition. Tous deux surent endurer l'idée que, même si tout change, le monde ne s'effondre jamais. Ils ont compris que si rien ne demeure jamais semblable, on ne doit, ni ne peut, faire du passé table rase. Reconsidérer ces perspectives nous éviterait sans doute bien des égarements.

Roger-Pol Droit

Roger-Pol Droit est philosophe et écrivain.

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L'Ubérisation du Monde Chronique du Figaro par Luc Ferry du 4 février 2016

8 Février 2016 , Rédigé par Luc Ferry Publié dans #Lu pour vous

D’abord, évitons de confondre «ubérisation» et digitalisation. Ensuite, cessons d'affoler les foules en faisant croire que les innovations technologiques vont anéantir le travail salarié et la croissance.
En réalité, si de nombreuses tâches répétitives sont « digitalisables », il s'en faut de beaucoup que tous les métiers le soient. Pour le comprendre, précisons le sens de ces mots barbares, encore tout nouveaux dans le langage courant.
« Ubériser, ce n'est pas digitaliser, c'est mettre un bien privé sur le marché de particuliers à particuliers en court-circuitant les corporations de professionnels. C'est ce qui se passe avec Uber, ou encore avec Airbnb, des applications qui permettent de mettre sa voiture ou son appartement à la disposition d'un autre particulier moyennant finance. Cela, certes, est rendu possible grâce à des plateformes adossées à la révolution digitale, mais cette opération commerciale ne relève pas pour autant de la digitalisation à proprement parler.
En revanche, l'automatisation de certaines tâches en fait partie, par exemple, trier un fichier d'adresses, ce qu'une secrétaire faisait « à la main » il y a dix ou quinze ans encore, et que n'importe quel ordinateur accomplit aujourd'hui en moins d'une seconde.
Le métier de secrétaire disparaîtra-t-il pour autant ? Certainement pas. Bien entendu, nombre d'activités seront automatisées par la numérisation, mais plus rarement les métiers eux-mêmes.
Les secrétaires continueront d'exister, simplement, elles s'occuperont d'autre chose pendant que l'ordinateur les débarrassera de pensums mécaniques, du reste fastidieux et dépourvus d'intérêt.
Selon un rapport que McKinsey a consacré en novembre dernier à ces sujets, 45% des tâches pourront ainsi être automatisées dans un avenir proche, mais seulement 10 % des métiers, ce qui relativise de beaucoup les thèses à la mode sur la fin du travail.
Ce qui est probable, en revanche, c'est qu'un manque de formation et d'adaptation des individus au marché, associé à un déficit de flexibilité, créera sans cesse plus du chômage, comme c'est d'évidence le cas dans la France d'aujourd'hui.
Pour autant, le problème n'a rien ni de structurel, ni d'irréversible, et si nos gouvernants avaient eu le courage de prendre les bonnes décisions durant les dix dernières années, la France serait dans le lot commun des pays européens qui ont réussi à régler la question, comme l'indiquent les chiffres d'Eurostat.
Ni Uber, ni les robots ne sont donc près de détrôner Schumpeter.
Comme le grand économiste l'avait compris, la logique du capitalisme est d'abord celle de la « destruction créatrice ».
En d'autres termes, ce sont les innovations technologiques qui tirent la croissance, ce sont elles qui nous tentent par des produits nouveaux, mais qui, au passage, détruisent aussi des emplois « dépassés », le pari étant que ces derniers seront remplacés par d'autres, créés justement par les innovations.
Pour ceux qui sont attachés au monde ancien, comme c'est le cas des taxis aujourd'hui, la logique de l'innovation et de la concurrence apparaît inévitablement comme insupportable.
De là les révoltes qui ont toujours accompagné le progrès technique, depuis les luddites anglais de 1811 jusqu'à nos taxis en passant par les canuts lyonnais de 1831, ces ouvriers tisserands qui s'en prenaient aux machines à tisser, qui les        « sabotaient » en y jetant leurs sabots pour les détraquer, parce que, de leur point de vue, elles ne faisaient que détruire leurs emplois.
L'innovation, qui est en soi une bonne chose, n'en était pas moins pour eux l'adversaire par excellence, le spectre du chômage. Peut-être créait-elle de nouveaux emplois (ne serait-ce que ceux des artisans qui allaient construire les machines), mais ils ne seraient pas pour eux, car ils demanderaient de toutes autres compétences, ne seraient pas forcément situés à proximité de leurs lieux de vie, etc.

Ceux qui, dans le processus de destruction créatrice, sont happés par le moment de la destruction ne peuvent donc pas être rassurés par l'évocation du second moment, celui de la création, puisqu'il ne leur est que très rarement destiné. Sans doute faut-il, d'un point de vue social, trouver des compensations pour les taxis.

Reste qu'interdire ou entraver Uber serait absurde du point de vue des chauffeurs comme des utilisateurs. Tous seraient gravement pénalisés par la disparition d'un service bien supérieur à celui qu'offre une corporation qui, protégée durant des années par une absence totale de concurrence, n'a su ni s'améliorer ni s'adapter.

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La France est une usine à fabriquer des fonctionnaires

8 Février 2016 , Rédigé par Thierry Benne IREF Europe Publié dans #Lu pour vous

La France est une usine à fabriquer des fonctionnaires Publié Par IREF Europe, le 27 janvier 2016 dans Fiscalité 8 vérités qui dérangent sur les fonctionnaires.
Par Thierry Benne.
Un article de l’IREF-Europe Lors de l’émission télévisée C dans l’Air du lundi 18 janvier dernier sur France 5, le professeur de finance Philippe Dessertine – membre du Haut Conseil des Finances Publiques et expert habituel de ces débats – a révélé que sur les deux dernières années, la France venait de créer 39% des nouveaux emplois publics de la zone euro, contre seulement 2,71% des emplois privés de la même zone. En deux chiffres, deux chiffres seulement, sont résumées tout à la fois les principales causes de nos échecs et notre incapacité à les surmonter. En effet, avec 66,6 millions de ressortissants, la population de la France représente à peine un peu moins de 20% de la population totale des 19 pays de la zone euro (environ 340 millions d’habitants). Et cette référence permet de s’apercevoir que, déjà plus que largement dotée, la France crée pratiquement deux fois plus (=39/20) d’emplois publics que la moyenne des autres pays de la zone euro, mais qu’à l’inverse elle génère à peine 14% ( =2,71/20, soit seulement un petit septième !) des emplois privés qu’elle devrait créer pour se situer simplement dans la moyenne européenne, qui inclut quand même des pays comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie, plus durement touchés encore par le chômage.
L’analyse
Ceci confirme pleinement qu’en dépit de toutes les déclarations officielles, des statistiques abondamment revues ou biaisées, sur ces deux dernières années la France a continué à être une usine à fonctionnaires et autres emplois publics. Et en dehors de toute véritable croissance et alors que le pouvoir a récemment revu à la hausse la grille de rémunérations des agents des cadres B et C et qu’il s’apprête à renégocier en période électorale la valeur du point pour l’ensemble de la fonction publique, cette nouvelle et inquiétante dérive des effectifs de l’emploi public signifie inévitablement davantage de charges, davantage d’impôts et ceux-ci ne suffisant guère, davantage de déficit et au final davantage de dette publique. Et qu’on ne nous accuse pas de vouloir supprimer des soldats, des gendarmes ou des policiers, tout analyste sérieux sait que les trois fonctions publiques, et surtout la territoriale, regorgent de postes en doublons ou en sous-emploi manifestes et qu’une réorganisation sérieuse des services (les exemples pointés par la Cour des Comptes – horaires de travail notoirement inférieurs aux seuils légaux, absentéisme injustifié, auto-détermination des temps de travail etc.- sont légion, mais les intéressés s’arc-boutent naturellement sur de prétendus droits acquis pour s’opposer à tout changement) aboutirait à une compression non négligeable des effectifs.
Le second chiffre, celui des emplois privés, se trouve hélas parfaitement en ligne avec le premier : les entreprises, et surtout les PME, celles les plus porteuses dans le domaine de l’emploi, accablées de charges, d’impôts et de contraintes de tous ordres (fiscal, social, réglementaire etc) renoncent à embaucher, les incertitudes de leurs carnets de commande leur interdisant de prendre le risque de se heurter à de nouvelles contraintes (seuils de 10 et 50 salariés notamment, même « atténués ») ou de devoir se lancer en cas de crise dans des licenciements économiques mal maîtrisés et toujours hasardeux. D’ailleurs et presque comme en contre-épreuve, la plupart des grandes entreprises françaises quand elles croissent, se gardent bien pour la plupart de renforcer leurs effectifs français et préfèrent, et de loin, faire croître leur main d’œuvre étrangère, infiniment plus compétitive sur le plan des coûts et plus souple quant au droit applicable.
Par ailleurs, le développement et l’élargissement continu et accéléré de l’assistanat sous toutes ses formes ont achevé de convaincre trop de travailleurs peu qualifiés et qui hésitaient encore, que leurs ressources nettes d’impôts et de frais professionnels ne baisseraient guère, voire parfois même augmenteraient quelque peu, s’ils passaient par Pôle Emploi, s’y installaient durablement, voire même en prenant le risque d’aller jusqu’à la fin de droits, qui ne correspond pas toujours au dénuement qu’on pourrait croire, surtout si les aides alors perçues sont opportunément majorées de quelques menus travaux au noir. Enfin, le dernier cadeau de plusieurs centaines de millions d’euros fait par le pouvoir l’année dernière aux intermittents du spectacle, en dépit des mises en garde répétées de la Cour des comptes, a achevé de montrer comme la France savait se montrer généreuse envers un électorat remuant et sensible.
Tout ceci confirme malheureusement que malgré toutes les promesses, toutes les annonces, malgré aussi d’innombrables rapports, le carnet des réformes, des véritables réformes, celles qui modifient les comportements et les enjeux pour le bien du pays, est resté désespérément vide. À qui fera-ton croire, notamment sur le seul plan économique auquel ce propos se restreindra volontairement, que :
01 – les micro-réformes des retraites résolvent le problème récurrent de leur financement, alors qu’on a dû tirer un trait sur la garantie du pouvoir d’achat de la quasi-totalité des pensions salariées privées et que ce décrochage n’est peut-être pas aussi provisoire qu’annoncé puisque le Conseil d’Orientation des Retraites pris sous le feu des critiques ne cesse, de rapport en rapport et de lettre en lettre, d’aggraver et dégrader ses prévisions de croissance et de chômage ?
02 – la dépense publique a été maîtrisée quand elle a continué à caracoler quasi-librement en bénéficiant d’une incroyable mansuétude de la Commission européenne qui se laisse insolemment balader par la France depuis plus de trois ans sur les fronts réunis de la dépense, du déficit et de la dette ?
03 – le problème de notre fonction publique pléthorique, de son emploi à vie et de ses retraites ait seulement été esquissé, bien qu’il porte nos prélèvements obligatoires à des taux déraisonnables et à un niveau quasiment inégalé ailleurs ?
04 – l’Éducation Nationale, pourtant forte d’un million d’agents, parvient à instruire correctement nos enfants, alors qu’ils ne cessent de dégringoler dans la plupart des classements internationaux et qu’on s’aperçoit que devenus adultes, nombre de nos concitoyens éprouvent toujours de réelles difficultés à lire, écrire ou compter ?
05 – la réforme et la simplification du bulletin de paye ne passe pas par l’inscription en haut du bulletin du super-salaire qui représente le coût total que l’employeur accepte de débourser à raison du travail fourni, avant la déduction – mais cette fois au titre de charges purement ouvrières – de l’ensemble des cotisations, impôts et taxes que l’État et les organismes sociaux prélèvent sur les salaires ? Le net serait bien entendu le même, à ceci près que le salarié prendrait immédiatement conscience du coût de tout ce que son travail finance, ce qui aurait sans nul doute pour des millions de Français des vertus pédagogiques et d’éveil à la solidarité très supérieures à ce que l’Éducation Nationale enseigne (souvent très mal) de l’entreprise.
06 – nos droits de protection, comme le Code du travail ou la réglementation des loyers n’ont pas à force de complexité, de démagogie, de pointillisme et de surenchères dangereusement outrepassé leur rôle, au point de mettre directement en péril l’accès à l’emploi ou à la location des demandeurs qu’ils étaient censés favoriser ?
07 – on peut accroître inconsidérément notre dette publique, la gérer à la petite semaine, sans tenir compte de la détérioration constante de nos notations financières internationales, dont la sévérité est simplement retenue parce que notre pays a la réputation (guère usurpée d’ailleurs) de savoir lever efficacement l’impôt ?
08 – le Parlement peut continuer à voter sans réfléchir n’importe quelle loi fiscale, comme par exemple la nouvelle surtaxe foncière sur les terrains réputés à bâtir, sans même prendre la précaution de s’assurer des ravages qu’elle peut faire, des injustices patentes qu’elle peut créer, pour tenter ensuite en catastrophe et sous la pression des mécontentements de rogner a minima les abus les plus criants… N’importe quelle loi écologique aussi, comme pour les portiques Ecomouv, sans se soucier le moins du monde de sa mise en application et en reportant indûment sur l’automobiliste qui n’y peut mais une bonne partie du coût exorbitant (près d’un milliard d’euros quand même !) de son impéritie et de sa désinvolture.
Et la liste n’est évidemment pas close de toutes ces réformes indispensables évitées, écartées, reportées, dénaturées, mutilées, tout simplement parce que, face à la ligue des intérêts, des droits acquis et des conservatismes de tous ordres, le courage, la compétence et la constance sont devenus les vertus les plus rares qui soient dans un monde politique constamment obnubilé pour les élus par le seul souci de leur réélection, pour les autres par celui de leur reconduction ou de leur promotion.
Conclusion
Même s’ils sont perdus dans le flux de ces données qu’on nous baille quotidiennement et qui souvent nous saoulent, les deux chiffres cités en exergue mesurent l’écart abyssal qui existe entre nos créations d’emplois selon qu’ils sont publics ou privés. Ils dénoncent crûment une sorte d’incapacité culturelle nationale à créer de l’emploi marchand comme si, chez nous, l’emploi public phagocytait goulûment l’emploi privé. Ces marqueurs doivent donc être inlassablement rappelés au pouvoir, aux politiques, aux Français aussi. Car ces deux chiffres font partie de ces choses qu’en redisant sans cesse, on ne répète jamais assez. En affichant à la vue de tous le résultat de tous nos blocages, ils contiennent à eux seuls le résumé de presque tous nos problèmes et c’est un signal d’alerte rouge qu’on aurait tort de négliger.
Alors même qu’il échappe pour une fois à la manie des « pactes présidentiels » (sans doute parce qu’aucun d’entre eux ne s’est signalé par un véritable succès), même si cet ultime plan du pouvoir pour réduire le chômage, relancer enfin la croissance, desserrer le joug administratif qui contraint nos entreprises, avait par extraordinaire d’autres effets que de biaiser la lecture des statistiques du chômage, un immense effort resterait à faire pour le pays, afin qu’il retrouve enfin son dynamisme. Certes les charges publiques et sociales sont indispensables au fonctionnement de l’État et de nos collectivités territoriales et à celui de notre protection sociale. Mais ces charges ne doivent pas attenter par leur démesure et leur dérive incontrôlée au développement de notre économie, ni exposer la Nation à des risques inconsidérés de default. Surtout que l’alignement des planètes (euro faible + pétrole bon marché + taux d’intérêts infimes) tant vanté par le pouvoir pourrait fort bien se dérégler quelque peu et nous ramener beaucoup plus tôt que prévu à des réalités, qui seront d’autant plus dures que trop longtemps et trop imprudemment nous n’aurons pas voulu les voir.
 
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Aéroport Notre Dame des Landes "Un projet de développement durable"

12 Janvier 2016 , Rédigé par M.C. Publié dans #Lu pour vous

Aéroport Notre Dame des Landes "Un projet de développement durable"
Le Président du conseil dépatemental Philippe Grosvalet, est revenu devant les maires de Loire-Atlantique sur la déclaration de Manuel Valls pour réaffirmer sa conviction que le transfert d'aéroport préservera l'environnement : « Au-delà de la nécessité d'avoir une grande Pla¬teforme aérienne sur l'Ouest de la France, la question foncière est au coeur du projet de transfert d'aéroport.
En libérant la capacité à den¬sifier sur l'agglomération nantaise sur un espace tellement contraint qu'on ne peut plus construire de lo¬gements, nous permettons d'éviter demain de grignoter sur les terres agricoles dans la périphérie nantaise.
Nous protégeons les terres agricoles, Et c'est la cohérence de nos politiques à long terme : un projet d'aéroport : mais aussi, entre cet aéroport et l'agglomération nantaise, un périmètre de 19 000 ha de terres agricoles protégées.
Je préfère protéger des milliers d'hectares autour de la métropole et d'en réserver un millier pour une plate-forme aéroportuaire de terre qui n'ont, d'ailleurs, pas la plus grande valeur agronomique en Loire-Atlantique.
C'est un choix, sur le très long terme, que j'assume pleinement. J'ai été heureux d'entendre le Premier ministre reprendre cet argument. Que le projet de Notre-Dame-des-Landes est un projet de développement durable. Qu'il permet non seulement de préserver des habitants ici, mais de préserver des espaces qui permettront de répondre aux grands défis de densification urbaine. »
NDLR : le projet d'aéroport stipule qu'il doit libérer 600 ha à Bouguenais et à proximité, soit un potentiel de 6 300 logements et 16 000 habitante.
Avec l'argument que ces logements qui seront nécessaires au regard des perspectives démographiques, n'auront pas à être construites sur des terres agricoles en périphérie où 600 ha seraient loin de suffire.
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COP21, sauver le climat ou sauver les hommes ?

5 Décembre 2015 , Rédigé par Guy Sorman Site Contrepoints Publié dans #Lu pour vous

Il est plus facile pour les politiciens de « sauver le climat » que de sauver les hommes aujourd’hui. Guy Sorman  publié sur le site "Contrepoints" (A lire sans idées préconçues M.C.)
 
Cent quarante chefs d’État et de gouvernement passent en ce moment, à Paris, des moments de rêve. Quoi de plus plaisant, en effet, que de discuter d’une échéance si lointaine, la fin du siècle, où nul ne sera plus là pour vérifier que le discours sur le changement climatique est un fantasme ou réel ?
Nul ne sera plus des nôtres pour vérifier si les engagements sérieux, vagues ou hypocrites, à signer la semaine prochaine, seront parvenus ou non à contenir l’accroissement de la température globale à 2 degrés de plus au maximum, sur ces 85 prochaines années.
Qui vérifiera ou sanctionnera les engagements et manquements des uns et des autres ?
Qui saura si l’augmentation de la température est due, oui ou non, au dioxyde de carbone et pas à d’autres causes plus naturelles ?
Et s’il aura été possible ou non de poursuivre le développement économique des nations les plus pauvres sans recourir à l’énergie fossile ?
Pour ces participants à la conférence de Paris, oui, l’instant est idéal. À la moitié d’entre eux qui sont des tyrans et des kleptocrates, nul ne demande aucun compte : leur opposition n’est pas représentée, leurs peuples sont absents.
On attend d’eux qu’ils s’engagent à modifier leur mode de production énergétique, en achetant de préférence des centrales nucléaires françaises, voire des éoliennes chinoises, qu’ils acceptent des subventions des pays riches pour les acquérir, afin qu’eux aussi contribuent, d’ici 85 ans, au bien-être de la planète ; mais il ne leur est demandé aucun compte sur le traitement actuel de leur nation : la planète est plus importante que l’humanité dans ce débat.
Pour encourager les réticents, le gouvernement français a interdit, aux badauds ordinaires, les grands magasins de Paris, de manière à ce que les conjoints des chefs d’État puissent y faire leur shopping sans encombre.
Paris, quelques jours seulement après les attentats terroristes du 13 novembre, est une véritable fête pour les délégués à cette conférence et leurs hôtes français qui, eux aussi, faussent compagnie à l’actualité.
On ne baigne plus que dans les bons sentiments, toutes les postures sont morales, il n’est question que du bien commun, pas du bien individuel ;  tous les délégués sont au service d’une bonne cause qui s’appelle le climat, une notion assez vague pour que nul ne puisse la contester.
Le slogan affiché de la conférence à lui seul est une merveilleuse trouvaille de « communication » : « Tous pour le climat ! ». On peut difficilement être contre le climat.
Le tout, sous couvert de la science mais en ne respectant aucun fondement de ce que serait une véritable démarche scientifique. Le progrès scientifique est fondé sur la contradiction : à Paris, toute contradiction est interdite.
La conférence est basée sur un dogme : le réchauffement climatique est dû au dioxyde de carbone, il menace la planète, on doit en réduire les émissions pour ne pas dépasser plus de deux degrés en 2100. Rien n’est moins rationnel que ces affirmations péremptoires, parce qu’elles sont péremptoires. L’unanimisme de façade qui règne sur le sujet ressemble plus à une nouvelle théologie, ou idéologie, qu’à une analyse scientifique.
Mais admettons, pour éviter d’être brûlé comme hérétique, que le climat se réchauffe. Ce ne serait pas nouveau, puisque le propre du climat, de l’ère glaciaire à nos jours, est de changer tout le temps. La réponse de nos ancêtres fut de s’adapter à ce climat changeant, nouvelles récoltes, nouvel habitat, nouveaux modes de vie. Et le climat présent serait-il si parfait qu’il devrait rester immuable au point de tout devoir changer dans nos modes de vie ? Ne devrait-on pas plutôt réfléchir et investir sur la manière dont nous pourrions nous adapter à un climat changeant ? La question ne sera pas posée.
Rapprochons-nous un peu plus de la nouvelle idéologie régnante : la culpabilité du dioxyde de carbone à l’exclusion de tout autre facteur de réchauffement. Il existe une solution de caractère économique qui fait l’unanimité dans la communauté des économistes et s’appelle la « taxe carbone ».
Une taxe universelle sur la consommation de carbone à des fins énergétiques est facile à calculer : on sait mesurer la quantité nécessaire à la production de chaque objet et service. Cette taxe pourrait être appliquée, à un même taux, par chaque État ou prélevée au passage des frontières à l’occasion des transactions, comme l’est aujourd’hui la taxe à la valeur ajoutée.
L’effet de cette taxe carbone serait doublement bénéficiaire : elle inciterait à utiliser moins de carbone et à investir dans la recherche des sources d’énergies alternatives, celles qu’aujourd’hui on ne connaît pas encore.
Mais à la conférence, il n’en est pas question non plus : la solution serait trop simple et elle n’exigerait pas cette grand-messe. Une solution de bon sens économique ne permettrait pas de se vautrer dans de grandes déclarations moralisatrices, ni de faire ses courses dans les grands magasins.
Il faut comprendre ces chefs d’État : en un seul mouvement, ils sont en vacances à Paris et ils sauvent la planète. La tentation est irrésistible d’échapper ainsi à la réalité : la réalité, c’est la guerre dans le monde arabe, la répression du peuple chinois, un million d’humains mal nourris parce qu’ils sont trop pauvres pour se nourrir, la guerre au Congo, le chômage en France, trois millions de Syriens en quête d’un refuge, la peste du terrorisme…
Mieux « sauver le climat », sacrifier à cette nouvelle religion païenne où les hommes, avec leurs heurs et leurs malheurs, comptent moins que la Déesse Terre.

Le Choix des articles de "Lu pour vous" est de ma responsabilité, il n'engage que moi et non l'ensemble de notre Club. M.C.

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A lire "La peur exponentielle" de Benoit Rittaud

19 Octobre 2015 , Rédigé par M.C. Publié dans #Lu pour vous

A lire "La peur exponentielle" de Benoit Rittaud

La Peur Exponentielle » de Benoit Rittaud aux Presses Universitaires de France (PUF)

Texte de la 4ème de couverture :

C'est une nouvelle venue à ajouter à la liste de nos peurs collectives, et son objet est des plus inattendus : un concept mathématique abstrait. Déclinable à l'infini, la peur de l'exponnentielle est une réalité contemporaine autant scientifiquement construite que parfaitement irrationnelle. Elle constitue la matrice originelle des discours alarmistes fondés sur la crainte d'un crash collectif sur les limites du monde : épuisement des ressources naturelles, démographie mondiale, réchauffement climatique...

Cette peur, qui n'avait jamais été identifiée pour elle-même, trouve ses origines dans l'histoire du concept d'exponentielle et ses multiples récupérations mythiques ou idéologiques à travers les âges. Aujourd'hui comme hier, la même légende orientale est invoquée, celle d'un grain de blé qui se multiplie sur les cases de l'échiquier pour finir par remplir le monde entier.

La différence est que, comprise autrefois comme pro¬messe d'abondance, l'exponentielle est désormais l'étendard mathématique de notre peur de l'avenir. Benoît Rittaud est mathématicien et essayiste, maître de conférences hors classe à l'université Paris 13, habilité à diriger des recherches. Ses travaux académiques concernent les systèmes dynamiques et la théorie des nombres.

Ses nombreux ouvrages et articles de mathématiques destinés au grand public lui ont valu plusieurs prix en France et en Italie. *Extrait de son livre au Chapitre 9 « Le temps du monde étroit » « Dans ce chapitre, nous revenons quelques années avant l'urbi et l'orbi de Hubbert et Carson, pour nous intéresser au cadre dans lequel s'inscrit la peur de l'exponnentielle : la peur du monde étroit.

Les adeptes de cette peur aiment à invoquer Paul Valéry qui écrivait en 1931 que « le temps du monde fini commence » Voici cette phrase dans son contexte :

  1. « L'ère des terrains vagues, des territoires libres, des lieux qui ne sont à personne, donc l'ère de libre expansion, est close. L. 1 Le temps du monde fini commence. [...] Une solidarité toute nou¬velle, excessive et instantanée, entre les régions et les événe¬ments est la conséquence déjà très sensible de ce grand fait. [...]
  2. La reconnaissance totale du champ de la vie humaine étant accomplie, il arrive qu'à cette période de prospection succède une période de relation. Les parties d'un monde fini et connu se relient nécessairement entre elles de plus en plus. [...] Toute action désormais fait retentir une quantité d'intérêts imprévus de toutes parts, elle engendre un train d'événements immédiats, un désor¬dre de résonances dans une enceinte fermée.
  3. Les effets des effets, qui étaient autrefois insensibles ou négligeables à la durée de la vie humaine, et à l’aire d’action d’un pouvoir humain, se font sentir presque instantanément à toute distance, reviennent aussitôt vers leurs causes ne s’amortissent que dans l’imprévu. » Comme on le voit, Valéry n'a rien d'un prophète de malheur. L'idée même d'étroitesse est absente de son propos. Celui-ci décrit certes comme problématique notre ignorance des mécanismes de la finitude, mais sans aucunement verser dans le catastrophisme. Surtout, la dialectique dans laquelle il s'inscrit est moins celle du fini et de l'infini que celle du lent et du rapide. Les mots de Valéry n'acquièrent toute leur force et leur cohérence qu'en comprenant « monde » dans son sens le plus strictement spatial. Ce n'est pas notre réalité tout entière qui devient finie et donc potentiellement étroite, mais seulement sa dimension géographique. Bien loin d'écrire un avis de décès de l'infini, Valéry donne à voir l'infini comme une rivière dont le cours habituel se trouverait modifié : ne pouvant plus s'écouler dans la vallée de la géographie, elle doit désormais se déployer dans l'immatérialité des réseaux et de leur fonctionnement structurellement rapide et désordonné.

L'on ne peut qu'être saisi devant le caractère visionnaire de ces mots écrits il y a près d'un siècle. Comment ne pas y lire un pressentiment de ce qui deviendra Internet et les réseaux sociaux ? Comment ne pas non plus faire le lien avec le fameux « effet papillon » de la théorie du chaos, née dans les années 1960 et qui a modifié en profondeur des pans entiers de la science ?

Livre passionnant, même pour quelqu’un qui comme moi ne comprend pas grand-chose aux mathématiques ! Un livre optimiste, qui croit en l’avenir parce qu’il croit …..en l’Homme et parce qu’il raisonne en scientifique rationnel et non en semeur de peur !
Ce qui ne veut pas dire que les hommes ne doivent pas être attentif à l’évolution de leur planète. M.C.

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Admirer, oui, mais quoi ?

24 Août 2015 , Rédigé par Luc Ferry, Le Figaro 20 août 2015 Publié dans #Lu pour vous

Admirer, oui, mais quoi ?
L’été, c'est souvent l'occasion pour le vacancier de visiter des sites historiques, d'aller au musée, au théâtre, au concert, bref de découvrir des oeuvres d'art et des objets d'« admiration ».
Jusqu'au XVIIe siècle, le mot est simplement synonyme d'étonnement. Voici, à titre d'exemple, la définition qu'en donne encore Descartes : « L'admiration est une subite surprise de l'âme qui fait qu'elle se porte à considérer avec attention les objets qui lui semblent rares et extraordinaires. »
En quoi elle est à ses yeux, comme déjà pour Platon, une des origines de la philosophie. Au fil des siècles, le concept va s'enrichir de significations nouvelles pour désigner finalement davantage que l'étonnement ou la surprise. Le sens ancien demeure, mais s'y ajoute l'idée que les objets de l'admiration sont source de joie. Ce qui, pourtant, ne va nullement de soi.
En effet, nous n'admirons guère que ce qui nous dépasse, ce que nous serions incapables de faire par nous-mêmes, On admire un être d'exception, on applaudit les performances et le talent d'un artiste de génie, voire d'un sportif de haut niveau, non point du tout parce que nous les égalons, mais au contraire parce qu'ils nous surpassent.
Ce qu'on admire sans réserve, c'est ce qui est transcendant, extérieur et supérieur à nous et qui, par là même, nous fait en quelque façon échapper à l'ego, nous pousse vers une espèce d'abnégation, de sortie de soi.
La question s'impose alors : pourquoi ce qui nous fait nous sentir moindre, inférieur, ce qui nous écrase de sa supériorité, nous donne-t-il malgré tout un sentiment de joie ? Pourquoi ne pas plutôt détester tout ce qui nous rappelle notre médiocrité, tout ce qui tend à nous rapetisser ? La réponse s'impose, elle aussi : l'admiration, par-delà notre infériorité, nous donne le sentiment de participer malgré tout au grandiose, ne fût-ce que par la compréhension que nous en avons, et cette participation nous rend heureux dans la mesure où elle suscite en nous une certaine forme d'enthousiasme, au sens étymologique du terme : en théos, être plongé dans le théos, dans le divin.
Mais il y a plus : cette participation au sacré, ici entendu au sens large, comme ce que nous sacralisons parce qu'extérieur et supérieur, sinon aux hommes en général, du moins au commun des mortels, nous fait entrer dans une sphère qui échappe à l'empire de l'éphémère. C'est en ce sens, par exemple, que Spinoza prétend que lorsque nous parvenons à l'amour intellectuel de Dieu, à ce qu'il appelle la « connaissance du troisième genre », lorsque nous participons enfin au divin, nous « sentons et nous expérimentons que nous sommes éternels ».
Certes, nous allons mourir, éternité et immortalité ne sont pas synonymes, mais une partie de notre être n'en participe pas moins de l'admirable nature du divin cosmos. Ce qui nous conduit insensiblement vers la question cruciale : que pouvons-nous encore admirer dans un univers démocratique et laïque, de part en part voué à la déconstruction de toutes les figures du sacré, de toutes les formes de transcendance ? Ne conduit-il pas, sécularisation oblige, vers une éclipse des objets traditionnels de l'admiration ?
Si la démocratie implique une certaine forme de platitude, pour, ne pas dire de vulgarité, comment l'admiration pourrait-elle survivre à la disparition des grands hommes comme à celle des transcendances cosmologiques ou religieuses traditionnelles, voire à celles qu'incarnaient encore tant bien que mal les idées de patrie et , de révolution ?
Bref, si l'on admire d'abord et avant tout ce qui est grand, ce qui sort de l'ordinaire, ce qui n'est pas commun, mais extérieur et supérieur à nous, que peut-il subsister encore d'admit-able dans un monde de part en part situé, comme disait Blum, « à l'échelle humaine » ?
Nos pessimistes feront leur miel de ce constat. Il n'empêche, je continue de penser, comme le Chœur dans l'Antigone de Sophocle, que « s'il est beaucoup de choses admirables en ce monde, la plus admirable entre toutes est l'homme lui-même » quand il s'élève au-dessus du lot.
Comment ne pas admirer Churchill et de Gaulle quand ils se dressent contre l'horreur nazie, Garcia Marquez, Philip Roth, Ravel ou Stravinsky quand ils nous offrent des chefs-d’œuvre, le Pape quand il chasse à son tour les marchands du temple et prend le parti des plus humbles ou, plus simplement encore, les Français, quand par millions ils défilent pour la démocratie, contre l'islamonazisme ?
En quoi le pessimisme, même s'il se vend bien, reste à mes yeux la maladie du siècle, J'y reviendrai. Luc Ferry
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Collège unique, les réformes à faire

12 Juin 2015 , Rédigé par M.C. Publié dans #Lu pour vous

Collège unique, les réformes à faire
Fondation IFRAP Think tank dédié à l'analyse des politiques publiques,
03 juin 2015 • Roger Chudeau
L’intention des réformateurs du « collège unique » était louable au premier abord puisqu’il s’agissait pour eux de réussir la démocratisation de l’éducation après avoir réussi sa « massification ».
Mais les résultats de ces politiques de nivellement ne se sont pas faits attendre et perdurent jusqu’à aujourd’hui : ce fut l’échec massif, dont les indicateurs les plus terribles sont le quasi illettrisme après la classe de 3ème pour 12% des élèves (source : JAPD) et les sorties sans qualification du système éducatif, enkystées autour de 15% d’une classe d’âge (soit environ 120 000 élèves par an).
Par aveuglement et par confusion idéologiques, nous avons collectivement refusé d’admettre qu’à des élèves différents les uns des autres, il ne faut pas, au nom de l’égalité des chances, proposer les mêmes choses (même accommodées à la «sauce » interdisciplinaire ou transdisciplinaire ou artistico –culturelle) mais bien des contenus, des méthodes et des perspectives de formation différenciés.
La confusion idéologique consiste à considérer que les différences d’origine sociale et culturelle, regardées comme la source de l’inégalité, pourrait être mécaniquement réduite par une offre uniforme d’éducation.
Mais « la réalité est concrète » comme disait B.BRECHT et le brouet uniforme proposé aux collégiens ne convient en fait qu’à 62% des élèves, ceux qui bon an, mal an rejoignent le lycée d’enseignement général et technologique (LEGT) après la 3ème, pour y échouer d’ailleurs en seconde pour 15% d’entre eux…
On notera que ce dernier chiffre (source : MENESR 2014) n’est lui-même que l’effet de la démagogie qui enrobe littéralement l’actuelle tentative de réforme et de sauvetage du collège unique. Cette démagogie se traduit par des procédures d’orientation post 3ème où le travail, les résultats, les progrès et les capacités de l’élève s’effacent progressivement au bénéfice du « choix des parents » (expérimentation en cours dans certaines académies).
La démagogie, ce sont aussi les suaves accents d’une administration qui évoque dans ses circulaires la « bienveillance » et « l’inclusion », comme si l’école d’avant 2012 avait jamais été malveillante vis-à-vis des élèves, ou qu’elle ait reposé sur un principe d’exclusion !
L’aveuglement quant à lui, consiste à estimer que tout ce qui peut ressembler à une formation « préprofessionnelle », à de l’apprentissage et plus généralement à une formation professionnelle, bref au monde du travail, est a priori un marqueur social de pauvreté, de déclassement, de relégation, etc. Pourtant, on ne voit pas pourquoi un apprenti boucher ne serait pas l’égal d’un élève de 1ère S.
On ne voit pas pourquoi le latin et l’allemand seraient plus élitistes que la soudure ou le travail du verre.
Ces références permanentes à la vulgate « bourdieusienne » ont aujourd’hui encore moins de sens qu’hier parce qu’elles sont déconnectées des réalités de l’emploi, de la mobilité professionnelle et même des nouvelles stratifications sociales de notre civilisation. Du reste le modèle allemand d’enseignement « dual » qui repose sur une orientation précoce des élèves sur la base de tests fédéraux rigoureux, montre que la formation professionnelle est bien une voie noble, c’est-à-dire une voie d’accès à l’insertion sociale par la qualification, le travail et l’emploi.
Dire cela n’entre pas en contradiction avec la nécessité de faire en sorte que 100% des élèves doivent maîtriser les connaissances et les compétences du socle commun tel qu’il a été voulu par la Loi FILLON du 28 avril 2005 (combattue en son temps par la gauche au Parlement au moyen de pas moins de 600 amendements…). La maîtrise du socle peut être attestée au collège, au lycée professionnel, dans les CFA, peu importe, l’essentiel étant qu’elle le soit et soit aussi un préalable indispensable à la délivrance de tous les diplômes.
Que faire ?
Un décret simple, pris à la hussarde, sans que soit vidée sur le fond la querelle, sans que les premiers acteurs du système éducatif soient eux-mêmes convaincus du bien-fondé des nouvelles dispositions, a peu de chance d’être appliqué, surtout s’il doit entrer en vigueur 6 mois avant les échéances électorales de fin de mandat… Il est possible de proposer ici des pistes pour un collège rénové qui retrouve le goût de la réussite :
  • Agir sur les programmes : recentrer les enseignements sur les matières fondamentales dont la maîtrise par chaque élève est indispensable à l’acquisition de nouveaux savoirs et de nouvelles compétences (renforcement significatif des enseignements du français, des mathématiques et de l’histoire-géographie). Cette priorité absolue a pour conséquence de réduire significativement le temps consacré aux enseignements scientifiques, technologiques et artistiques qui peuvent être globalisés sur l’année, voire – pour les arts - être externalisés (assurés par des intervenants extérieurs) ;
  • Agir sur les méthodes : les élèves qui arrivent en 6ème sans maîtriser les fondamentaux attendus en fin de primaire font l’objet d’une remise à niveau intensive obligatoire durant la fin du mois d’août (l’obligation concerne la famille et les enseignants) et le premier trimestre de la 6ème. Le tutorat est généralisé et obligatoire dans le service des enseignants. Les élèves peuvent être répartis par groupes de compétences indépendamment de leur classe d’âge dans certaines discipline (en langue vivante notamment) les classes bilangues sont rétablies et développées et l’enseignement intensif des langues est encouragé dans l’optique de certifications dans le cadre européen commun de référence pour les langues (CECR). Dans le domaine de la vie scolaire la note de vie scolaire est réintroduite et valorisée, les élèves gravement perturbateurs sont scolarisés en ERS ;
  • Agir sur les cursus : des modules de « découverte professionnelle » de 6 à 8 heures hebdomadaires sont créés dans tous les collèges et proposés aux élèves qui présentent (sur la base de leurs résultats à des évaluations standards nationales) peu d’appétence ou d’aptitude pour l’abstraction mais sont attirés par les savoir-faire techniques. Sous la responsabilité des régions, chaque collège ou groupement de collèges sera jumelé avec un ou plusieurs lycées professionnels et centre de formation d’apprentis. Les jumelages avec les entreprises sont systématisés dans la perspective de l’accueil de stagiaires et d’apprentis. L’orientation vers l’apprentissage, prononcée par le collège, peut intervenir durant l’année où l’élève atteint ses 15 ans ;
  • Agir sur l’évaluation : le contrôle de la maîtrise des différents niveaux du socle commun est organisé tous les deux ans (en 5ème et en 3ème) sur la base d’évaluations nationales. Les évaluations nationales générales des élèves de CE1 et CM2 sont rétablies. Les résultats des évaluations nationales sont rendus publics par école et par établissement. Le diplôme national du brevet (DNB) est indispensable pour accéder en seconde générale et technologique ;
  • Agir sur l’organisation : Les professeurs enseignant au collège sont progressivement rendus bivalents (nouveaux concours et formation continue). Les décrets de 1950 modifiés en 2014 sont abrogés et les obligations réglementaires de service sont redéfinies selon les principes de globalisation, d’annualisation, de continuité du service (remplacements obligatoires) et de cohérence du service (suivi individualisé et tutorat, accueil des familles). Des « préfets des études » sont instaurés dans tous les collèges pour coordonner le suivi des élèves, assurer la cohérence de l’équipe enseignante, piloter l’innovation. Les actions de formation continue des professeurs sont obligatoires et se déroulent en dehors du temps scolaire. L’année scolaire est allongée de trois semaines (une en juillet et deux en août) ;
  • Agir sur la gouvernance : les collèges se voient fixer des objectifs quantitatifs et qualitatifs précis et évaluables. Ils obtiennent de nouvelles marges de manœuvre pouvant aller jusqu’à l’aménagement des programmes, et des cursus (unités capitalisables, modules). Le chef d’établissement dispose d’une enveloppe indemnitaire annuelle significative pour encourager et valoriser l’engagement professionnel des personnels. À terme, il disposera de la masse salariale de son établissement et de la capacité à recruter ses personnels. Les établissements sont régulièrement évalués et les résultats de l’évaluation sont rendus publics. Des établissements durablement défaillants peuvent être fermés et leurs élèves répartis dans les établissements voisins.
  • Le pilotage de l’ensemble des structures et méthodes d’aide aux élèves en difficulté est assuré au niveau national par une sous-direction unique de la DGESCO déclinée au niveau de chaque académie (cf. préconisations du rapport de la Cour des comptes de février 2015).                                                                                                                                       
  • Un bref rappel historique :
  • Le collège procédant de la loi Haby du 11 juillet 1975 n’est «unique » que parce qu’il unifie les « collèges d’enseignement général », les « collèges d’enseignement secondaire » et les premier cycles des lycées de l’époque.
  • Sa structure par contre est tout sauf unique : il existait, après le cycle d’observation (6ème et 5ème) – qui comprenait encore des « classes de transition » - trois voies du « cycle d’orientation (4ème et 3ème) » : générale, technologique et « préprofessionnelle ».
  • Loin de proposer le même cursus et les mêmes programmes à tous ses élèves, le collège « Haby » veille à répartir les élèves dans des voies correspondant à leurs aptitudes, à leur travail et à leurs résultats.
  • Le collège « Haby » était donc un collège diversifié. Cette diversification des enseignements qui incluait pour la première fois le « soutien » aux élèves rencontrant des difficultés et « l’approfondissement » pour ceux dont les aptitudes le permettaient, a été battue en brèche dès 1981 dans une visée d’uniformisation, c’est-à-dire offrant le même cursus et les mêmes programmes à tous les élèves :
  • en 1991 les classes préprofessionnelles sont supprimées (Lionel Jospin), en 1993, les cycles sont remaniés et l’orientation repoussée en classe de troisième
  • (François Bayrou), en 1998 les classes technologiques sont supprimées (François Bayrou, puis Ségolène Royal)
  • de 1999 (Ségolène Royal) à 2002 (Jack Lang) le collège deviendra successivement « le collège pour tous » puis « le collège pour tous et pour chacun », ces appellations s’accompagnant pour l’essentiel de l’affaiblissement de l’enseignement des disciplines fondamentales et opératoires (français, maths, histoire-géographie) au bénéfice « d’itinéraires de découvertes » (IDD) ou de « parcours artistiques et culturel » (PAC) aussi dispendieux qu’inefficaces.
Le Choix de ces articles est de ma responsabilité, il n'engage que moi  et non l'ensemble de notre Club. M.C.

 

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